Introduction

Les photographies présentées ici ont été prises durant plusieurs missions du PNUE en Côte d’Ivoire dans le cadre de son travail pour l’Évaluation environnementale post-conflit.

Ces photos reflètent le meilleur et le pire de la situation environnementale en Côte d’Ivoire. Les forêts du pays abritent, par exemple, une variété exceptionnelle d’écosystèmes riches en espèces végétales et l’une des populations de mammifères les plus diversifiée au monde. Cependant, ces forêts font partie des zones les plus menacées en raison de la déforestation rampante. À travers ces photos, vous verrez les conséquences de l’expansion agricole et de l’exploitation illégale ou non surveillée du bois. Ces images vous montreront, entre autres, la situation actuelle de la lagune Ébrié, polluée par endroits, et les problèmes environnementaux dont souffre la ville d’Abidjan.

À l’instar de tous les pays, la Côte d’Ivoire, doit faire face à de nombreux problèmes environnementaux dont les causes sont complexes. Les mesures correctives devront donc être vastes et mises en œuvre à grande échelle. Dans cette perspective, le PNUE s’engage à soutenir la Côte d’Ivoire sur la voie du développement durable.

Nous espérons que ce recueil de photos vous touchera et vous informera.

Forêt primaire en Côte d’Ivoire

L es forêts en Côte d’Ivoire jouent un rôle important non seulement aux niveaux local et régional, mais aussi au niveau mondial. Les forêts fournissent localement des avantages directs à la communauté, tels que les produits forestiers ligneux et non ligneux, et des avantages indirects, par exemple la régulation du climat et la sécurité de l’eau. Comme les forêts de Côte d’Ivoire ont une biodiversité très riche et abritent de nombreuses espèces endémiques, elles ont aussi une importance mondiale.

Territoires boisés et déboisés en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire abrite des forêts spectaculaires mais la déforestation y est importante et récurrente. Pendant le conflit, les forêts ont subi de nombreuses pressions d’origines variées, dont l’exploitation illégale du bois à des fins commerciales, l’exploitation industrielle légale mais non supervisée, la conversion de terres boisées en surfaces agricoles ou en mines artisanales, et le braconnage de la faune sauvage.

Déforestation et mise en culture de terres boisées en Côte d’Ivoire

Autrefois dense, la forêt primaire a été largement remplacée par une mosaïque de forêts secondaires, de plantations de cultures de rente et de bois, de cultures vivrières et de terres en friche. Le couvert forestier de la Côte d’Ivoire représente désormais seulement 3% du territoire national et continue à diminuer rapidement. Si la tendance actuelle n’est pas ralentie, arrêtée, puis inversée dans un avenir proche, les forêts du pays ne seront plus à même de remplir leurs fonctions de services écosystémiques et économiques.

Déforestation résultant du développement de l’agriculture

L’expansion du secteur agricole est l’une des causes principales de la réduction du couvert forestier. La plupart du temps, les agriculteurs ivoiriens utilisent encore les techniques de l’agriculture sur brûlis pour défricher les terres et les cultiver. Cette pratique destructrice dévaste de grandes quantités de terres et sape les efforts fournis pour la reforestation. De nouvelles méthodes, notamment les techniques de l’agroforesterie, devraient être utilisées afin d’assurer la viabilité à long terme du système agricole et de permettre ainsi de conserver non seulement la forêt, mais aussi les sols.

Les forêts ivoiriennes sont toujours menacées

La protection des forêts épargnées par la déforestation et la restauration du couvert forestier devraient être des priorités. Les dégâts ne seront pas effacés par quelques actions bien intentionnées au niveau local. Le gouvernement devrait plutôt administrer le secteur forestier et les zones protégées dans leur ensemble, en prenant en compte tous les facteurs écologiques, agricoles, industriels, socioéconomiques et sécuritaires.

Le littoral ivoirien

S’étendant sur plus de 500km, le littoral de la Côte d’Ivoire abrite plus de la moitié de la population du pays et une part importante de son économie. Cependant, avec la croissance exponentielle de la production pétrolière en général, et du forage en mer en particulier, cette zone côtière est soumise à un risque croissant de marée noire.

Une plage en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire est particulièrement exposée aux marées noires car son littoral est situé le long de la route qu’empruntent les navires transportant des hydrocarbures dérobés et des hydrocarbures de soute. Ces navires sont plus susceptibles de provoquer un déversement qu’un navire réglementé par la loi. Des risques supplémentaires apparaissent du fait de la reprise de l’économie ivoirienne, en raison de l’augmentation du nombre de pétroliers de passage et de la quantité croissante d’hydrocarbures stockés dans le port d’Abidjan.

Pêcheurs ivoiriens

Un déversement d’hydrocarbures sur la côte pourrait avoir un effet dévastateur sur l’économie nationale en impactant le tourisme, les activités portuaires d’Abidjan, la pêche dans les eaux côtières et les lagunes, et en affectant les communautés riveraines du littoral.

Homme marchant le long de l’une des magnifiques plages de Côte d’Ivoire

Malgré le risque d’un déversement important d’hydrocarbures et l’augmentation de la quantité de ressources exposées au cours de la dernière décennie, la capacité à faire face à cette menace n’a pas évolué. Au contraire, elle a même reculé. La reconstruction des capacités nationales d’intervention en cas de déversement d’hydrocarbures doit donc être l’une des priorités du Comité national pour la gestion des catastrophes.

Expansion urbaine à Abidjan

La population d’Abidjan est en augmentation constante depuis l’indépendance en 1960 et cette tendance s’est accélérée du fait de la crise. Dans le même temps, également en raison du conflit, les investissements dans les infrastructures urbaines n’ont pas rattrapé leur retard, ce qui se traduit par d’importants problèmes environnementaux dans la ville.

Décharge d’Akouédo

La gestion des déchets solides fait partie des problèmes environnementaux majeurs d’Abidjan. La quantité totale de déchets collectés à Abidjan s’élève actuellement à environ 3000 tonnes par jour. La plupart des quartiers de la ville disposent de services de collecte des déchets, sauf ceux qui sont difficiles d’accès. Dans les zones très vallonnées, les gens jettent régulièrement leurs déchets dans la vallée même lorsque des conteneurs de déchets sont disponibles. Pendant la saison des pluies, ces déchets sont ensuite emportés vers la lagune Ébrié.

Feux dans la décharge d’Akouédo

Actuellement, la plupart des déchets collectés à Abidjan sont acheminés vers la décharge d’Akouédo. C’est une décharge à l’ancienne, dont le sol est dépourvu de revêtement imperméable, sans système de drainage ni de traitement du lixiviat, et sans dispositif de collecte et de récupération du gaz. Le lixiviat est donc susceptible de se déverser dans la lagune Ébrié et dans l’aquifère situé en-dessous mais jusqu’à présent aucune étude systématique n’a été effectuée pour le confirmer.

Le port d’Abidjan

Ni le port d’Abidjan ni celui de San Pedro ne possède les infrastructures requises pour le traitement des déchets dangereux. Les installations actuelles ne prennent en charge que les déchets conventionnels, dont la collecte et le transport jusqu’à la décharge locale sont assurés par des entreprises privées. Dans les faits, ces dernières acceptent pourtant les déchets dangereux car les contrôles actuels sont insuffisants pour empêcher de telles pratiques.

Bande de terre entre la lagune Ébrié et le littoral ivoirien

La lagune Ébrié est le plus grand système lagunaire d’Afrique de l’Ouest. Elle s’étend sur environ 150 km dans la direction est-ouest sur une surface d’environ 550 km2  et est en outre bordée par 200 km2 de marais, mangroves et zones humides.

Bâteaux de pêche sur les rives de la lagune Ébrié

Historiquement, la lagune Ébrié a fourni des bases solides pour le développement social et économique d’Abidjan. Les premiers colons de la région étaient en effet des pêcheurs et cette activité demeure une importante source de revenus dans la région.

La lagune Ébrié et la ville d’Abidjan

La lagune Ébrié, qui borde la ville d’Abidjan, est l’une des ressources aquatiques les plus importantes de Côte d’Ivoire. Cependant, la ville d’Abidjan s’est non seulement développée autour de la lagune mais elle empiète désormais sur cette dernière.

La lagune Ébrié est fortement polluée par endroits

La lagune est le principal réceptacle des déchets urbains à la fois solides et liquides en provenance d’Abidjan. Les métaux lourds et les pesticides semblent avoir contaminé les poissons de la lagune, un problème qui nécessite d’être traité en priorité afin de mieux protéger la santé des populations.

Expansion urbaine aux alentours de la lagune Ébrié

Les problèmes environnementaux qui touchent la lagune Ébrié sont liés à la situation socio-économique de la région environnante. Les efforts engagés pour réduire la pollution doivent donc prendre en considération la globalité de la zone qui entoure la lagune.

L’exploitation minière industrielle en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire est dotée d’un énorme potentiel d’exploitation minière. Le pays est en effet situé sur la ceinture de roches vertes birimiennes d’Afrique de l’Ouest, une énorme formation géologique minérale riche en or et en minerais. La Côte d’Ivoire abrite à la fois des mines industrielles et des mines artisanales. Une plus grande coopération entre ces deux secteurs améliorerait la gestion de l’environnement dans le secteur minier

Activité minière artisanale en Côte d’Ivoire

Les mines industrielles pourraient apporter leur assistance technique aux mines artisanales afin de promouvoir des pratiques durables. Actuellement, les opérations minières artisanales sont exécutées sans aucune formation ni supervision officielle des mineurs. Les impacts environnementaux qui en résultent se produisent sous forme de déforestation, de pollution de l’eau et de contamination chimique. La principale préoccupation concerne cependant la santé des personnes impliquées dans les activités minières.

Le parc national de la Comoé

Le parc national de la Comoé, situé au nord-est de la Côte d’Ivoire, est de loin le plus grand parc du pays, avec une surface de 11500 km2. Il s’agit en outre de l’une des zones protégées les plus vastes d’Afrique de l’Ouest. Or le braconnage et le surpâturage se sont intensifiés pendant la crise, lorsque le parc a été laissé à l’abandon. Si les initiatives en vue de la préservation des animaux épargnés et de leurs habitats naturels aboutissent, leurs populations pourront néanmoins se régénérer.

Élevage de bétail

Pendant la crise, les éleveurs ont causé des dégâts importants dans le parc national de la Comoé. Les incursions saisonnières de troupeaux de bétail dans le parc ont certes toujours existé mais elles se sont intensifiées à cette période. Les gardiens de troupeaux, menant chacun 100 à 200 têtes de bétail, restaient en effet dans le parc pendant plusieurs semaines et certains y ont même établi leur campement pendant près de trois ans. Le pâturage incontrôlé pourrait toutefois être limité grâce à la mise en place d’un couloir de transhumance pour le bétail pendant la saison sèche. Une politique de sensibilisation des éleveurs pourrait également les encourager à trouver d’autres zones de pâturage pendant cette période.

Dégradation environnementale en Côte d’Ivoire

Bien que la Côte d’Ivoire soit confrontée à un grand nombre de défis en matière de durabilité environnementale, il reste des raisons d’espérer. Des efforts concertés et coordonnés pourraient en effet endiguer la croissance non-durable d’Abidjan, faire de la lagune Ébrié un moteur de la reprise économique de la capitale, et mettre un terme à la dégradation des forêts grâce à une politique de reboisement à grande échelle.

Pour en savoir plus sur les défis et opportunités pour l'environnement en Côte d'Ivoire, veuillez consulter le rapport complet

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